Pour un engagement de la MINUSS dans le processus de paix au Soudan du Sud

Pour un engagement de la MINUSS dans le processus de paix au Soudan du (...)

Pour un engagement de la MINUSS dans le processus de paix au Soudan du Sud

Mme Anne Gueguen, représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, a fait la déclaration suivante au Conseil de sécurité le 18 septembre 2019 :

"Je tiens tout d’abord à remercier M. David Shearer, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan du Sud, pour son intervention et je voudrais revenir sur trois points.

1/ Premièrement, sur le processus de paix, la priorité aujourd’hui est de former, d’ici le 12 novembre, un gouvernement transitoire d’union nationale.

La France salue le déplacement de Riek Machar à Djouba la semaine dernière. C’est un pas important qui a permis de renforcer la confiance entre lui et Salva Kiir et nous les encourageons à renouveler ces rencontres directes au plus souvent que possible.

Le temps presse. La fin de la période de pré-transition arrivera vite, dans deux mois, et un nouveau report seraient inacceptable. La première priorité doit être la formation du gouvernement d’union nationale, mais il est important, en parallèle, comme le Représentant spécial l’a souligné, d’avancer sur la question du découpage des frontières intérieures et sur les arrangements sécuritaires.

La France salue les efforts des pays de l’IGAD pour accompagner le processus de paix. L’investissement de la sous-région est en effet absolument indispensable pour aider les parties à aller de l’avant et nous les encourageons à poursuivre dans ce sens.

Il faut aussi respecter les quotas de femmes prévus par l’accord, et leur permettre de participer de façon active et significative au processus de paix, à tous les niveaux et sur tous les sujets.

La visite du Conseil de sécurité, le mois prochain, à Djouba, sera l’occasion de rappeler ces différents messages.

Monsieur le Président,

2/ Deuxièmement, la situation humanitaire reste alarmante et ne pourra être durablement améliorée que par l’instauration d’une paix durable. Si l’augmentation du nombre de retours volontaires est encourageante et est directement liée aux progrès politiques récents, les violences intercommunautaires continuent de pousser des personnes à l’exil.

Ces déplacements forcés, rappelons-le, interviennent dans un contexte d’extrême pauvreté, caractérisé par un niveau d’insécurité alimentaire particulièrement élevé et toutes les parties doivent garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave sur l’ensemble du territoire pour répondre aux besoins humanitaires croissants. Cela implique naturellement de protéger le personnel humanitaire, le personnel médical ainsi que les infrastructures et le matériel civils et humanitaires. C’est une obligation avec laquelle on ne doit pas transiger.

La lutte contre les violences sexuelles doit aussi rester une priorité. Nous saluons le travail de terrain qui est mené par la Représentante spéciale chargée des violences sexuelles en temps de conflit, Madame Pramila Patten. Ces efforts ont ainsi permis que le SPLM-IO, le Mouvement populaire de libération du Soudan – en opposition, adopte un plan d’action pour lutter contre les violences sexuelles dans ses rangs.

La France est également préoccupée par les violations des droits de l’Homme rapportées par la commission mandatée par le Conseil des droits de l’Homme.

Et la France rappelle son attachement à la lutte contre l’impunité et l’importance que les auteurs de violations soient poursuivis et soient traduits en justice. Nous appelons ainsi toutes les parties à mettre en place la cour hybride pour le Soudan du Sud, avec l’appui de l’Union africaine.

Par ailleurs, le Conseil de sécurité a lui aussi son rôle à jouer et doit recourir systématiquement aux sanctions pour punir et contraindre ceux qui commettent ces crimes.

3/ Troisièmement, la France est attachée à ce que la MINUSS poursuive ses efforts en matière de protection des civils, notamment des femmes et des enfants. Cela doit rester la première priorité de la mission.

La France salue les efforts de la mission pour le bon fonctionnement des sites de protection des civils, dont l’ouverture, en 2013, a indéniablement permis de sauver des milliers de vies humaines. Mais il est également indispensable de protéger tous les Sud-Soudanais qui en ont besoin, où qu’ils soient sur le territoire du pays. La France soutient la nouvelle posture à la fois plus robuste et plus mobile de la MINUSS ainsi que le renforcement des mécanismes d’alerte précoce. Ces efforts doivent être poursuivis afin de rendre les zones de retour plus sûres.

Pour conclure, je voudrais adresser, au nom de la France, mes plus sincères remerciements aux équipes des Nations unies et aux acteurs humanitaires qui accomplissent, dans des conditions souvent difficiles, une mission essentielle au service des populations du Soudan du Sud.

Je vous remercie."

Dernière mise à jour le : 22 septembre 2019
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