Soudan/Soudan du Sud - Intervention de Sheraz Gasri, coordinatrice politique de la France auprès des Nations unies, le 27 octobre 2021

Soudan/Soudan du Sud - Intervention de Sheraz Gasri, coordinatrice politique de la France auprès des Nations unies, au Conseil de sécurité, New-York, le 27 octobre 2021

=seul le prononcé fait foi=

"Merci beaucoup Madame la Présidente,

Je remercie à mon tour Jean-Pierre Lacroix, Parfait Onanga-Anyanga et le Président Mbéki pour leurs présentations.

Je salue également la présence des représentants du Soudan et du Soudan du Sud.
Je souhaiterai mettre l’accent sur trois points.

Premier point : les incidents contre les emprises de la FISNUA dans la zone frontalière démilitarisée et à Gok Machar ne sont pas acceptables. Nous prenons note de l’attachement du Soudan du Sud en faveur de la FISNUA, tel que confirmé dans la déclaration du 19 octobre qui a été mentionnée par l’Envoyé spécial. Nous appelons le Soudan du Sud à traduire cette déclaration en pratique et à assurer la sécurité et la liberté de mouvement de la FISNUA, conformément à ses obligations en vertu de l’accord sur le statut de la Force. Nous attendons en outre du Soudan et du Soudan du Sud qu’ils clarifient leurs attentes s’agissant de cette composante du mandat de la FISNUA, à savoir le soutien au mécanisme conjoint d’observation et de vérification de la frontière.

Deuxième point, la situation à Abiyé : la France prend note des conclusions de la revue stratégique, qui tire les conséquences de l’évolution du contexte régional. Nous sommes favorables à une reconfiguration de la mission qui tienne compte des opportunités offertes par le rapprochement entre Khartoum et Djouba, tout en préservant la capacité de la mission à remplir son mandat de protection des civils.

Nous restons préoccupés par la persistance des violations intercommunautaires et en particulier par la recrudescence des violences sexuelles. Au-delà du rôle de la FISNUA, il est indispensable que le Soudan et le Soudan du Sud facilitent la reprise du dialogue au niveau local pour traiter des questions sécuritaires et pour avancer vers la mise en place des administrations conjointes de la zone.

Enfin, et ce sera mon troisième point, la France réaffirme son soutien à l’Envoyé spécial pour la Corne de l’Afrique alors que les crises se multiplient dans la région. La France condamne elle aussi le coup d’État au Soudan. Nous exprimons notre soutien au gouvernement de transition soudanais. Nous prenons note du retour du Premier ministre à son domicile et réitérons notre appel à sa libération et au respect de son intégrité, de son épouse et des dirigeants civils. La France salue et soutient les décisions prises par le Conseil Paix et Sécurité de l’Union africaine. Le coup d’État nuit gravement aux équilibres de la transition tels que définis dans le Document constitutionnel d’août 2019, qui est le seul cadre permettant le maintien du soutien de la communauté internationale à ce pays. Le coup d’État intervient de surcroît dans une région déjà fragilisée par les tensions, qu’il s’agisse d’Abiyé, du triangle d’El-Fashaga, du barrage de la Renaissance ou du conflit au Tigré . Nous appelons les pays de la région à éviter toute exploitation de ces vulnérabilités.

Le dialogue et la coopération régionale sont indispensables pour surmonter ces difficultés. Nous saluons l’engagement des membres africains du Conseil de sécurité en particulier et nous soutenons les efforts de l’Envoyé spécial et du Secrétaire général, en lien avec l’Union africaine, l’IGAD et l’ensemble des partenaires.

Je vous remercie Madame la Présidente."

En anglais

Source : France Diplomatie

Dernière mise à jour le : 7 novembre 2021